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Déficit ?
CHER Orphelin de Gentioux, c’est tout de même étrange les médias disent qu’il y a un déficit de la France, et même qu’il est abyssal à 155 milliards avec une dette de 3 200 milliards. Étrange, parce que nous savons toutes et tous que les élus de la nation gèrent les fonds publics avec une grande rigueur, surtout en matière de "défense". À commencer par le chef suprême des armées, qui, en 2024, a dilapidé une paille de 47,2 milliards pour faire la guerre.
Il faut reconnaître qu’il cache les plus grosses parties des coûts militaires dans tous les budgets civils : ceux de la Recherche (cryptage des communications, intelligence artificielle, systèmes de guidages, nouvelles armes dites propres), de l’Éducation (SNU pour mineurs de 16 ans, racolages dans les écoles par les corps en uniformes), du Travail (stages de formation et recrutement de soldats), de l’Industrie, des Travaux Publics, des Sports, etc.
Voter contre les crédits militaires, ne suffit pas : c’est encore tolérer la guerre. Après l’esclavage, abolir l’armée, c’est construire concrètement la paix. Ça permet de gagner les 413 milliards de la loi de programmation 2024-2030. Est-ce là la juste mesure du déficit de fraternité et de solidarité du régime présidentiel de la Ve République ?
Cet argent tombe-t-il dans la poche des ultra riches ? Ces religieux en croisade éternelle accumulent des fortunes colossales sur les plus pauvres. Ils se goinfrent toujours plus vite de la hausse des déficits de l’État, avec les cadeaux fiscaux de 60 milliards en 2024 distribués sans contre partie aux entrepreneurs richissimes. Le Groupe Limousin de l’Union Pacifiste a épinglé l’un de ces manitous intouchables du tout pour l’armée et rien pour ta gueule : Éric Trappier, PDG de Dassault (avions Rafale) se gratifie de 2,75 millions €/mois. Il cravache 1 500 salariés de l’atrocité (aux fourchettes de payes, hors cadres, de 3 240 à 4 417 €/mois). Un chiffre d’affaires de 8 milliards le place au 17e rang mondial des profiteurs de guerre.
Étrange, que ce criminel de masse ne soit jamais maudit à la UNE des magazines des milliardaires !
Cher Orphelin de Gentioux, es-tu au courant de la faillite d’Électricité de France ? Le programme nucléaire décidé par Charles de Gaulle sert surtout à faire les bombes. Le fiasco des EPR n’a pas fini de sidérer les populations. En cas de pépin, les riverains des 54 réacteurs seront tous coupables de côtoyer ces gouffres atomiques. De quoi dissuader les cultivateurs de déficits !
Étrange goutte d’eau dans tous ces déficits, en janvier 2023, la gendarmerie, en guerre contre les pacifistes, a passé commande de 90 blindés Centaure à 800 000 € l’un. Dans un rapport publié en mars 2024, la Cour des comptes indique que cet investissement est totalement injustifié.
Je stoppe là pour laisser la parole à Yves Le Car, de l’Union Pacifiste.
René Burget
Groupe Limousin de l’Union Pacifiste
(Gentioux, 11 Novembre 2024)
Le Massacre des innocents
MON P’TIT BONHOMME, j’étais venu te voir l’année dernière, pour fêter tes 100 ans. Nous étions nombreux, toutes celles et tous ceux qui approuvent ton invective, ton cri de colère et de douleur, plaqué, indélébile, sur ce monument. Hélas, ceux d’en face, je veux dire ceux qui se voilent la face, ceux de l’autre camp, du camp des guerriers, des parabellumistes, des préparateurs de guerre, des préparateurs de guerre en vue paraît-il de la paix, une paix hypothétique, fragile, illusoire, procrastinée, une paix qui joue les Arlésiennes, une paix armée, un oxymore, pour ʺoccire les mortsʺ, ceux-là sont les plus nombreux encore, et ce sont ceux-là qui dirigent le monde, qui dirigent vers le néant, vers la destruction massive, de massacre en massacre, ce sont ceux-là qui imposent au monde leur vision vicieuse de la paix, autant dire leur cécité. Leur cécité fait loi. Ce sont ceux-là, mon p’tit bonhomme, qu’il te faut convaincre, qu’il nous faut persuader, autant dire que la tâche est rude.
Pendant qu’ils font l’autruche, tant va l’autruche à l’eau qu’à la fin elle se casse, et casse leur semblant de paix, si fragile ; pendant qu’ils s’obstinent dans leur surarmement exacerbé, la gueuse, la guerre, la massacreuse, qui leur est sacrée, qui leur est si chère, qui nous coûte si cher, financièrement comme humainement, poursuit son travail de sape, de saccage, de carnage. La vérité, dit-on, sort de la bouche des enfants, le cri qui sort de ta bouche, depuis 100 ans, est bien le cri de la vérité.
Mais cette vérité-là, ils ne veulent pas l’entendre, ils la méprisent, ils te méprisent, ils se foutent de la parole d’un enfant, de ton chagrin d’orphelin, de ta révolte légitime d’être humain, j’allais dire comme de l’an 40, même pas, ils accordent plus d’importance à l’an 40, à l’an 14, à toutes ces dates qui noircissent les livres d’Histoire, qu’aux enfants d’aujourd’hui, d’ici et d’ailleurs, oubliant que les enfants sont les mêmes, à Paris ou à Göttingen (merci Barbara !), à Kiev ou à Moscou, à Gaza ou à Tel Aviv ; car ce sont les enfants qui trinquent. Là-bas, on les tue. On les transforme en orphelins et en soldats vengeurs. Ici, on les prépare à la future proche. On les drape dans leur drapeau. On les métronome. On les automate. On les fait marcher au pas cadencé. On les fait danser. On les fait penser en nationalistes, à coups de Marseillaise et de sang impur.
Si leur adage, si leur idée, si leur idéal étaient justes, depuis l’éternité qu’ils éternuent leurs slogans, leurs défilés, leurs budgets astronomiques, cyniques, monstrueux, pendant que des enfants au XXIe siècle dorment à la rue, s’ils avaient raison, cela se saurait, cela se verrait. Et la paix, cette paix qu’ils prétendent préparer par toujours plus d’armement, de régiment, de boniment, de plus en plus sophistiqués, nous en verrions la couleur. Or, nous n’en voyons que du bleu, du bleu horizon, horizontal, comme ces milliards de corps sacrifiés par la folie militaire, millénaire et milliardaire…
Alors mon p’tit bonhomme, on va s’arrêter là. Surtout ne baisse pas les bras, on lâche rien. On lâche rien ! La lâcheté serait de croire à la seule solution des armes, des guerres toujours recommencées. La tâche est rude, petit, mais ta vérité est si grande que nous sommes fiers de la partager : Maudite soit la guerre ! Toutes les guerres ! À bas toutes les armées !
Et vive la paix !
Yves Le Car (Gentioux, 11 Novembre 2024)
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